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Modus et 1007 : les monospaces atypiques
en question |
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Lancée
fin 2004, la Modus peine à convaincre. S'il ne s'agit pas à proprement
parler d'un échec cuisant (voir le top des ventes),
Renault revoit ses ambitions à la baisse, c'est le moins qu'on puisse dire.
Ainsi la production de l'usine de Valladolid,
entièrement consacrée à la Modus, s'apprête à baisser de moitié sa cadence :
il n'en sortira que 150.000 exemplaires par an, au lieu des 300.000
initialement prévus.
Renault avait pourtant essayé, à sa sortie, de corriger le tir en abaissant
le prix d'appel, jugé trop élevé. En moyenne, Modus s'affiche en effet 2000€
plus cher qu'une Clio. La finition "Campus" devait donc permettre à la
clientèle de rouler en Modus pour 12.400€. Un rabais ostensible, qui
supprime notamment la banquette arrière coulissante. Cet ajustement de
dernière minute coûte donc à la Modus beaucoup de sa crédibilité de
monospace, qu'elle a du mal à soutenir, en abandonnant un peu de sa
modularité.
En fait, la Modus a surtout du mal à se positionner par rapport à la Clio
dont elle est très proche, tout en étant plus chère...
En
juxtaposant les silhouettes des deux modèles (voir photo), on
s'aperçoit qu'en réalité, les gabarits sont très proches. Plus haute
(les conducteurs à chapeau haut-de-forme apprécieront, pour les
autres...), la Modus est aussi plus courte de 19cm que la Clio, ce qui
handicape d'autant son volume de chargement.
La capacité du coffre, si elle varie en
fonction de l'avancement de la banquette (quand elle est
coulissante!), ne dépasse pas 274 litres, contre 198 litres banquette
reculée, tandis que la Clio affiche fièrement 280 litres...
Il serait cependant réducteur de résumer
la mauvaise performance commerciale de la Modus à ses tarifs trop
élevés. Son plus gros handicap sans doute demeure son positionnement
de monospace, statut qui résiste mal à l'épreuve de la réalité. La
seule dimension en hausse à bord de la Modus est la hauteur sous
pavillon. Est-ce pertinent, lorsqu'on sait que l'usage d'un monospace
est avant tout familial et doit donc profiter en priorité... aux
enfants.
La combinaison de ces deux arguments met à
mal la stratégie de Renault, qui redouble de campagnes promotionnelles
et se voit contraint de dédier 51% de sa production du mois de
septembre à la clientèle d'affaires (sociétés de location comprises).
Ajoutons à cela que la Clio vient à peine
d'être renouvelée, et l'on comprendra fort bien qu'un client puisse
hésiter avant de choisir la modus...
Reste que pour celui qui porte son choix sur le marché de l'occasion
récente, celui qui recherche une Modus s'apercevra très vite de son
grand avantage : vendue en grande partie à des loueurs, difficile à
revendre, les tarifs en occasions sont très compétitifs.
En motorisation, on privilégiera le dci
80ch, polyvalent, sobre et abordable. Par contre, si vous achetez une
Modus neuve pour la revendre rapidement, vous serez perdant.
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Quoi
que sortie plus récemment (mars 2005), on peut d'ores et déjà
s'interroger sur la carrière commerciale qu'aura la 1007, qui réalise
la moitié seulement des ventes de la Modus. Si l'on tient compte du
fait que les objectifs initiaux correspondaient eux aussi à la moitié
de ceux de la Modus, on peut se permettre de penser que la
contre-performance est du même ordre... Peugeot a en conséquence
réduit drastiquement ses effectifs de Poissy, ce qui correspondrait à
une diminution de près de la moitié des volumes de 1007 initialement
prévus (75.000 par an au lieu de 130.000).
La 1007 a part ailleurs souffert d'un lancement repoussé de plus d'un
an, compte-tenu des difficultés de mise au point de l'ouverture des
portes latérales, ce qui fait que ce lancement est intervenu très peu
de temps avant celui de la 107, et un an avant renouvellement de la
207. Voilà qui ne va pas faciliter la mise en place de ce modèle. Par
ailleurs, le choix de portes latérales coulissantes ne s'est pas avéré
très judicieux : le plus pour les clients est assez faible (gros
avantage : l'accès pour les personnes "âgées", qui constituent le gros
bataillon des acheteurs de voiture en Europe), mais les contraintes
sont nombreuses; au final, la 1007 est un modèle peu habitable
et très cher. Traduction marketing : la 1007 est un modèle "décalé" et
positionné haut de gamme.
Un modèle "décalé", n'était-ce pas là, déjà, l'aveu d'une erreur de
positionnement ?
En fait, si la légitimité intrinsèque de la Modus est très
contestable, devant cohabiter avec une Clio plus "lisible", plus
récente et surtout moins chère, la 1007, de son côté, a sans doute
souffert d'erreurs de parcours tout au long de sa conception. La
complexité technique d'intégrer deux portes coulissantes dans une
citadine, les contraintes esthétiques que cela impose et l'alourdissement du véhicule, bardé de protections et de
systèmes électroniques, expliquent le positionnement "haut de gamme", qui vient
en fait simplement d'un coût de fabrication élevé... à bord pourtant, la
qualité des matériaux ne laisse pas forcément croire au conducteur
qu'il est au volant d'un véhicule "haut de gamme". D'autant que du
fait du poids élevé du véhicule, même le moteur le plus puissant (1.6L
110ch) est à la peine, malgré des niveaux de consommation
élevés.
Comparée
à la 206, la 1007 dispose néanmoins de quelques atouts, notamment une
position de conduite élevée, un style agréable, ainsi qu'une certaine
fraîcheur pour justifier son prix plus élevé ... jusqu'à la sortie de la toute prochaine 207.
La nouvelle 207 sera plus longue (près de 4 mètres) et plus habitable
(habitabilité aux places avant et arrière, coffre de près de 300
litres). La 1007 devra alors être forcément attractive au niveau du
prix.
Comparée à la 107, la 1007 propose 30 cm de plus, et 39 litres de plus
au niveau du coffre (longueur de 3,43 mètres pour la 107 et de 3,73
mètres pour la 1007, coffre de 139 litres pour la 107 et de 178 litres
pour la 1007). Et c'est là que l'on comprend le problème de tarif de
la 1007 : la version intermédiaire Dolce 1.4 HDI 70ch est vendue 16
850 € avec l'option peinture métallisée, quand une 107 5 portes est
vendue 12 780 € en finition Trendy 1.4 HDI avec les options
clim, radio CD et peinture métallisée. Soit un écart de plus de 4 000
€ entre les deux citadines, ou 133 € le cm.
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L'avis
d'Autocote.com :
Après avoir inventé le concept même de monospace (Espace),
celui de micro-monospace (Twingo), puis celui de monospace compact (Scénic),
rencontrant à chaque fois un succès inédit, Renault a voulu encore une
fois frapper fort. Quant à Peugeot, la marque sochalienne dénuée de
monospace compact a voulu rattraper son retard en proposant un modèle
décalé (monospace à 2 portes coulissant électriquement).
Disposer d'un monospace compact est obligatoire pour un constructeur
de nos jours. A vouloir inventer des concepts nouveaux à tout bout de
champ, Renault s'est sans doute fourvoyé dans un positionnement peu
lisible. Nulle doute que la méthode "Carlos Ghosn" mettra un peu
d'ordre dans les modèles à venir (ce qui est déjà le cas s'agissant de
la prochaine Twingo, dont le lancement a été repoussé).
On peut opposer aux 1007 et Modus l'Opel Meriva, dont le dessin est
explicitement celui d'un petit monospace tout ce qu'il y a de plus
classique, et qui représente 35% des ventes d'Opel, talonnant de très
près son modèle phare, le Zafira.
A l'inverse d'il y a 15 ans, les gammes des constructeurs sont
aujourd'hui tellement denses qu'il est devenu impossible de créer un
modèle sans empiéter sur un positionnement de tarif ou de gabarit déjà
existant... ce qui rend d'autant plus délicat la tache de "créer" un
nouveau segment, car les innovations superficielles, voire totalement
artificielles, ne suffisent plus à justifier l'offre d'un modèle!
Il est également devenur difficile de juger de la pertinence d'une
gamme en considérant les modèles les uns détachés des autres. Ainsi
est-il plus intéressant sans doute de comparer Twingo-Clio-Modus à
107-207-1007...
L'Astuce
:
N'oubliez pas qu'un échec sur le marché du neuf n'empêche pas de faire
de bonnes affaires en occasion, loin de là!!!
Les
cotes de vente
ainsi que les
cotes de reprise en concession sont élaborées par
Autocote.com d’après les chiffres réels de plus de 150.000
transactions effectuées par des professionnels. De plus, elles sont
personnalisées et prennent en compte l’équipement, le kilométrage, etc...
Que vous soyez vendeur, acheteur, ou par simple curiosité, n’hésitez
pas à vous y référer pour avoir une idée précise et fiable de la
valeur de votre actuel véhicule
ou de celui que vous courtisez !
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