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Emissions de CO2 : suivez l'étiquette!

Depuis le 16 mai 2006, tous les véhicules exposés en concessions et show-rooms arborent sur leur fiche de prix une étiquette correspondant à l'une des 7 classes polluantes, en fonction de l’émission de CO2. Toutes les brochures et documentations techniques des véhicules neufs doivent également faire apparaître la classe correspondante.
L'achat des voitures les plus polluantes fera l'objet d'une nouvelle taxe indexée sur les émissions de CO2.

Cette loi, votée par la France le 15 novembre dernier, rentre dans le cadre du projet européen de réduire l’ensemble de ses émissions polluantes de 8% à l’horizon 2012. L’industrie automobile est naturellement concernée au premier plan par cette résolution. La Commission Européenne espère ramener à 140g/km la moyenne pondérée des émissions de CO2 par véhicule en 2008. Cette moyenne pondérée est actuellement de 163g/km en Europe, et de 154 en France qui fait partie des 3 « meilleurs élèves ».

Les sept fourchettes, qui vont du vert foncé (<100g/km) au rouge (>250g/km), ne doivent pas seulement éveiller la conscience écologique de l’automobiliste. Elles l’alerteront aussi sur la taxe qu’il devra éventuellement payer à l’achat du véhicule (voir tableau ci-dessous).
En effet, les véhicules achetés à partir du 1er janvier 2006 seront soumis, lors de leur achat, à une taxe ponctuelle de 2€ par gramme supplémentaire à partir de 200g/km, et de 4€ par gramme au-delà de 250g/km.
La Mies (Mission Interministérielle de l’Effet de Serre) estime à 8% la part du marché de véhicules neufs concernée par cette taxe.

Les sept catégories, et quelques exemples :

Catégories

Emissions de CO2 (g/km)

Exemple de véhicule (émission / taxe éventuelle)

 

<100

-

 

entre 100 et 120

Citroën C3 1.4HDi (109g/km / -)

 

entre 121 et 140

VW Golf 1.9 Tdi (135g/km / -)

 

entre 141 et 160

Peugeot 607 HDi (160g/km / -)

 

entre 161 et 200

Toyota Rav4 115 D4-D (191g/km / -)

 

entre 201 et 250

Opel Astra 2.2 essence (219g/km / 38€)

 

>250

Ferrari Enzo (545g/km / 1280€)

Cette mesure devrait forcer les constructeurs et les concessionnaires à mettre en avant des motorisations plus propres et devrait en toute logique être favorable aux constructeurs généralistes comme PSA dont l’écrasante majorité des ventes se réalise d’ores et déjà en deçà de la barre fatidique des 200g/km. Apôtre du diesel propre, PSA n'a de cesse de généraliser en série sur toute ses gammes HDi son désormais célèbre Filtre à Particules (FAP), depuis son introduction « choc » en 1999 sur la 607.
Cette politique a d'ailleurs valu au groupe tricolore d'être cité en exemple par Gerhard Schröder, brocardant les constructeurs allemands qui persistent à proposer ledit filtre en option.

La prise en compte des émissions de CO2 permet de rendre compte des niveaux de pollution sans s'accrocher aux idées reçues partisanes. En effet, alors que les grandes routières et les 4x4 sont souvent critiqués, on se rend compte par exemple qu’une Peugeot 607 2.0 HDi ne rejette que 160g/km de CO2, et un Toyota Rav4 115D4-D, 191g/km. A titre de comparaison, une Opel Astra 2.2 essence, à l’écart des clichés et des a priori dépassés, émet 219g/km, et est donc soumise à une taxe de 38€ lors de son achat !
A l'inverse, la propreté des diesel est à mettre en avant : une Citroën C3 1.4 HDi émet 109g/km de CO2. Il est à noter que la plupart des diesels de type dCi et HDi de puissance inférieure ou égale à 110ch ne dépasse pas 120g/km, même sur la catégorie compacte (Mégane 1.5dCi : 117g/km). 

La célèbre Toyota Prius fait certes mieux, mais avec 104g/km, un écart si faible justifie-t-il le battage médiatique, le prix, et les encouragements fiscaux ?